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Phix


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MessagePosté le: 06/09/2011, 22:49 Répondre en citantRevenir en haut

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La vie en pleine Hégémonie est plutôt cool, Okarju ne pouvait pas en dire le contraire.
Par rapport aux autres pays où il faut trimer durement pour gagner sa croûte, en Hégémonie, ils n'ont pas le même sens du travail, grâce à tous ces Eidôlons qui s'occupent des tâches pénibles.

Les doigts de pieds en éventail, en train de siroter un petit vin sucré et épicé, Okarju menait la belle vie. Il avait installé son hamac entre deux cheminées sur un des toits du village de Decetia, et avait somnolé pendant tout l'après-midi.

- Au boulot feignasse !

Le Tjukurpan leva le nez de son hamac, et vit l’architecte. Il était tout petit vu d’ici, mais il fulminait.

- Mh…. Il y a encore trop de lumière là !

- Le temps que tu bouges tes fesses et que tu rapplique au chantier, il fera nuit noire !

Visiblement, l’importun, à savoir l’architecte chargé de gérer les travaux du pont reliant Decetia à la route joignant Epimetheus à Corallium, et il ne comptait pas partir sans être sûr qu’Okarju se soit mis au travail.

C’est pas comme si son travail était primordial pour l’édifice, les travaux les plus lourds étant pour la plupart effectués par des Eidôlon, le jeune homme était chargé de la décoration … Mais il avait raconté au contremaître qu’il travaillerait de nuit, de manière à pouvoir ajuster ses créations à la lumière du cristal, et qu’il préparait un jeu d’ombres et de lumières du plus bel effet, et bla et bla, ni vu ni connu, je t’embrouille …
Le contremaître avait marché, mais l’architecte était resté sceptique.

En effet, la raison était toute autre, il y avait un peu de flemme, vraiment pas envie de travailler sous le soleil estival qui allait taper dur (ce que l’architecte suspectait), mais aussi pour ce projet, il avait décidé d’exploiter au maximum sa technique secrète de sculpture (et on ne va pas l’utiliser en plein jour devant tout le monde, nan ?), et pour éviter que l’Eidôlon ne le trahisse.
Trahison ? Non : révélation. Les Tjukurpans avaient toujours eu une réaction étrange au cristaux d’Eidôlon : le nuage de flux qui les entourent est révélé par la lumière de ces cristaux… Devenant légèrement translucide…

- Sois cool Man ! J’y vais …

Okarju sauta de son hamac, et le défi pour le ranger dans son paquetage, il prit sa veste qu'il mit sur ses épaules, et sauta du toit. Il se réceptionna avec souplesse, et s'en alla en direction du chantier. Il était grand et ses muscles étaient taillés pour la souplesse plutôt que par le travail harassant de carrier que l'on trouvait au village. Sa peau était néanmoins hâlée, signe qu'il travaillait en extérieur. Il avait les cheveux en rastas, portés longs et attachés en arrière.
Il ne ressemblait pas trop au quidam moyen de l'Hégémonie, mais il ne voulait pas prendre la peine de changer d’apparence chaque matin pour se fondre dans le décors. Et puis il maîtrisait suffisamment bien l'argot Hégémonien pour passer pour un natif de ce peuple, ce qui faisait qu'on ne l'avais jamais pris pour un étranger, juste pour un type un peu original...



- Relax, Mec ! J’ai dit que j’y allais. Je vais travailler toute la nuit, et si demain, tu vois que j’ai tiré au flanc,tu pourras me flanquer à la porte, j’demandrai même pas ma solde. Promis !

L’architecte regarda ce jeune homme, surpris par son langage.

- Et pis t’as sûrment mieux à faire que me fliquer, t’as pas une femme et des enfants ?

- Euuuh … Si … Si … Mais si demain, je ne suis pas satisfait de l’avancement …

- Mais oui, mais oui, voilà, maintenant, laisse-moi bosser !

Le Tjukurpan avait enfin réussi à se débarrasser de l’architecte, il avait déjà fait la moitié du chemin … Et effectivement, le soleil était déjà en train de se coucher….
Une fois arrivé au chantier du pont, il fait déjà nuit. Quelques automates travaillent encore, mais plus aucun humain. Okarju soupire, et se frotte les mains. C’est parti.
Il intercepte un Eidôlon, et lui demande de l’aider à transporter quelques blocs de pierre, et même s’ils les déplaçaient à deux, le spectacle était plutôt comique : l’humain guidait beaucoup plus qu’il ne portait les blocs, mais tenait à faire son possible pour diminuer la tâche du golem, ce qui le rendait maladroit…

Une fois les bases des sculptures qu’il comptait créer disposées au bon endroit, il s’en alla saisir une lanterne à cristal.
Dès qu’il s’en approcha, sa lueur doubla de force, tandis que le flux autour du Tjukurpan troubla l’air autour de lui, tout en se rétractant autour de sa peau.
N’appréciant pas la sensation, il préféra la lueur des étoiles à celle des cristaux.

Les bras ballants, il se rendit à l’une des grosses pierres qui allaient lui servir. Sans n’avoir pris aucun outil.
De toute façon, il n’en avait aucun besoin.
Il répandit son esprit dans le nuage de flux pour le concentrer autour de ses mains, qu’il tendit vers la pierre.

Dès que ses mains entrèrent en contact avec la pierre, une légère lueur argentée en émana. Il laissa courir son index droit sur la surface, et son passage laissa un sillon dans le roc. Puis comme un prédateur à l’affût se jetant sur sa proie, Okarju plongea ses mains dans la roche.
Sous ses paumes, la roche n’était plus aussi solide, en réalité, elle se comportait comme de l’argile.

Alors que ses mains brillaient, il pût sculpter le roc, imprimant à la pierre les formes qu’il souhaitait, comme un potier manipulant de la glaise.
En quinze minutes à peine, là où se trouvait avant un gros bloc en forme de pavé, il y avait la sculpture d’une petite fille, assise sur le rebord du pont, et jouait avec un long bâton qu’elle faisait tenir en équilibre sur ses mains tendues. Le haut du bâton culminait à deux mètres au-dessus de la route, en formant la base dans laquelle irait s’encastrer une lanterne.

Un mètre plus loin, un autre roc attendait le sculpteur. Ses mains reprirent leur lueur, et en un tour de main se dressa une fière jeune femme qui jetait sur le passage un regard de défi, les bras croisés, sa chevelure formant le réceptacle pour la lanterne.

Et encore un mètre plus loin, une autre statue, un grand homme, bourru, au regard courroucé qu’ont les parents quand enfant, on faisait des bêtises.
Le pont s’élançait à travers un petit ravin creusé par une rivière, remplaçant l’ancien en bois que les éléments avaient fini par vermouler. A l’heure actuelle, il était à demi fini, et la chaussée avançait jusqu’au milieu du ravin, soit à une quinzaine de mètres. On avait demandé à Okarju de sculpter des réverbères qui éclaireraient le chemin grâce à des lanternes de cristaux.

Ils seraient surpris de voir ces sculptures à la place de simples colonnes comme il s’y attendait.
Mais ça amusait bien le Tjukurpan de sculpter ainsi des personnages. Il s’inspirait de personnes qu’il avait croisés dans le village, et les immortalisaient dans la position même où il les avaient vus, en pleine action.
La pierre débordait de vie, bien plus que les Eidôlons, dont l’apparence était normalisée, et qui se ressemblaient presque tous.

Alors qu’il faisait jaillir un visage de la masse de roche informe, il vît apparaitre dans le ciel une nouvelle étoile. Mh … Pas tout à fait une étoile, une comète.
Il resta un moment à l’admirer, mais dans son inattention, il s’était assis sur la rambarde, et ses mains s’y étaient enfoncées, y laissant leurs empreintes.

- Merde !

Il fît de son mieux pour camoufler les traces, sans y parvenir tout à fait. Seule solution : si on ne peut pas camoufler, il faut justifier. Il alla prendre un des outils dont les maçons se servaient, il n’avait aucune idée de l’utilité, mais il était en un joli métal argenté, et c’était ce qui intéressait le Tjukurpan.
Ses mains luirent, et alors qu’il cheminait pour retourner là où il avait endommagé la rambarde, il avait malaxé l’outil pour en faire une sphère, qu’il aplatit pour qu’elle devienne un disque qu’il intégra à la pierre. Ensuite, avec le bout de ses doigts, il façonna dans la médaille les ailes qu’il avait vues sur les bannières de l’Hégémonie.

Parfait.

Nan … Ca faisait une petite irrégularité, la pierre était bombée là …

Solution : il sculpta en bas-relief sur la pierre des arabesques, des courbes qui rayonnaient de la médaille de métal, et couvrait toute la rambarde entre les deux statues

Parfait.

Nan … C’était la seule rambarde qui était ainsi ornée.

Solution : il commença à sculpter aussi sur la rambarde suivante, et la suivante … Mais ça allait lui prendre des heures et des heures, et même si sa technique lui permettait de sculpter en un clin d’œil, ça lui prendrait des jours et des jours !

C’est là qu’il remarqua que la lueur de ses mains avait tâché la pierre. Une arabesque s’y formait toute seule, sans intervention de sa part, tracée par une petite étincelle qui s’était échappée de ses mains, et dessinait sur la pierre.
Une autre étincelle jaillit de sa main, pour elle aussi dessiner sur le roc, et puis une autre et encore une autre.

Une quelques minutes, des centaines de lucioles dessinaient sur les pierres du pont, sculptant des courbes, des spirales, des arcs …. Un dessin abstrait qui se répandait … Et puis quand elles arrivaient aux blocs de pierre qu’Okarju n’avait pas façonnés, et bien elles s’y attelaient, et la du roc naissait alors une statue qui en sortait et s’élevait vers les étoiles.
Comme un véritable essaim, elles tournoyaient autour du pont … Et s’attaquèrent même aux Eidôlons, qu’elles personnalisèrent, en les dotant de visages, l’un se vît greffer une queue, l’autre se couvrit de plumes ….
Les étincelles arrivèrent à la rivière, qu’elles n’osèrent franchir, faisant demi-tour, elles s’attaquèrent aux arbres, à la terre, aux graviers, aux buissons, aux dalles du chemin. Tout se retrouvait resculpté, orné, décoré …

C’est là qu’Okarju se rendit compte qu’il en avait perdu le contrôle.

- Re-merde !

Et les étincelles se dirigeaient vers le village … Que faire ?
Le pont n’était pas fini, et la rivière trop dangereuse pour envisager de la traverser … Ne pouvant pas fuir, le Tjukurpan piqua un sprint : il fallait prévenir tout le monde !
Il dépassa le nuage d’étincelles qui l’ignorèrent complètement (sauf une qui refit la coupe de son pantalon), et arriva au village essoufflé.
Il entra dans la taverne comme un troll dans une pucelle, et se cogna contre deux tables. Il se faisait tard, mais il y avait encore du monde, et pour certains relativement sobres.

- Les gars ?! On a un problème !

Et il leur raconta ses histoires farfelues d'essaim d’étincelles qui refont la déco …


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Alaric
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MessagePosté le: 25/09/2011, 12:14 Répondre en citantRevenir en haut

L'ambiance était festive dans la taverne, où ouvriers et superviseurs venaient se retrouver après une dure journée de travail. Nul doute que demain serait encore une belle journée, et, les travaux du pont avançant plus rapidement que prévu, la prime serait sans doute très confortable. Bref, l'humeur générale était au beau fixe.
Un brouhaha indistinct s'étendait jusque dans la rue où quelques ivrognes partaient régurgiter le surplus qu'ils avaient pût accumuler, emportés par l'ivresse de la fête, tandis qu'à l'intérieur un petit concert improvisé avait lieu, tenant d'avantage d'une bande de joyeux lurons éméchés tapant sur des instruments divers qu'à un véritable paradis pour les oreilles.

Lorsque le Tjukurpan rentra dans la taverne en trombe, assez peu de monde fit attention à lui. Après tout, beaucoup étaient dans un état si lamentable qu'ils ne pouvaient que difficilement rentrer sans se prendre des tables. Okarju tenta ensuite de façon assez maladroite de prévenir les quelques villageois encore éveillés du problème lumineux qui fonçait droit sur eux. Inutile de dire que ses récits abracadabrantesques n'attirèrent guère l'attention des serveuses ou du patron de la taverne, pas plus que des automates de garde, qui n'y virent qu'un récit supplémentaire d'homme ravagé par l'alcool. Tout au plus un eidôlon, par routine, se dirigea lentement vers la sortie pour vérifier les dires du Tjukurpan. Toutefois...

- Le village yé menacé ! AUX ARMES ! Aux armes, mes frères zé mes soeuuuuuuurs !

Un homme, bâti comme trois, s'était levé sur la table principal, brandissant avec fierté une longue et en apparence résistante (puisque faite en rien de moins que de l'acier parmi le plus pur) fourchette.

- Allons-nous laisser zette menace détruire notre patrimomoine ?! Par mes ancêtres qui ont donné leurs sangs et leurs zâmes pour zette beeeeeelle terre : JAMAIS !

Des cris de joie résonnèrent dans toute la taverne. Certains hommes descendirent en trombe, encore en tenue de nuit, pour voir ce qu'il se passait, et ils se joignirent rapidement au cortège d'hommes et de femmes en colère.

- Jamais ! Jamais ! JAMAIS ! AAAAAAAAAAAAAH !

Le cri combiné de tous les habitants de la taverne, qui ressemblait davantage à un rugissement de bêtes sauvages qu'à un cri de guerre, suffit à réveiller tout le village.

- Sur l'fourchette d'mon pôpa, j'peux v'dire que j'protègerai l'village jusqu'au bout d'la fin ! Même s'pour ça j'dois forzément y perd...

Le puissant orateur ne put finir sa phrase, tandis qu'une magnifique demoiselle bien enivrée elle aussi lui versa le contenu de sa grande choppe de bière dans la bouche, manquant de noyer celui qui avait réussi à mobiliser les foules.

- Cul-sec ! Cul-sec ! Cul-sec !

Manquant de mourir plusieurs fois, le maître de la rhétorique parvint à finir sa bière en un temps record, prouvant qu'il était digne d'être le seigneur de guerre de cette armée d'ivrognes nouvellement créée.

- Voilà c'que j'feront des zennemis d'Dézétia !

Pour ponctuer sa phrase mémorable, il lança sa choppe vide à travers une fenêtre, pointant du doigt la direction (très) approximative du pont d'où étaient censées venir les lucioles dévoreuses d'âmes (ou qui changeaient les coupes de cheveux, aucun des enivrés n'avait vraiment suivi l'histoire).

- Pour l'Criztal, pour l'Gémonie, et pour les zeins d'la zolie serveuse là-bas au fond ! A LA GUERRE !

La plupart des hommes qui écoutaient assidûment le discours eurent les larmes aux yeux d'entendre si belles paroles, et plusieurs pleurèrent comme des enfants en bas-âge. Son armée était prête, et dévouée à sa cause.

- ZAAAAARGEEEEEZ !

La foule sortit en trombe, certains sautant à travers les fenêtres, emportant choppes de bière, pieds de table, coussins ou fourchettes pour se porter au contact de l'armée d'envahisseurs, laissant un Okarju un peu stupéfait par ce qu'il venait de se produire choisir quel serait son prochain mouvement.
Phix


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MessagePosté le: 09/11/2011, 14:58 Répondre en citantRevenir en haut

Les lucioles tourbillonnaient dans les airs, continuant leur entreprise de relookage de tout ce qui passait à leur porté. Depuis un certain temps, elle n’avaient eu à faire qu’à des arbres. Beaucoup d’arbres. Il y avait aussi eu trois lapins et un écureuil endormis qui allaient avoir une drôle de surprise en se réveillant dans quelques heures.

Car si elles s’activaient à optimiser l’esthétique, l’aspect pratique leur passait quant à lui totalement au dessus de la tête (qu’elles n’avaient pas).

Orakju quant à lui, malgré ses tentatives désespérées pour rester bien en sécurité au bar avait été emporté par la foule alcoolisée. Alors qu’il les suivait bon gré mal gré (surtout mal gré d’ailleurs), il remarqua qu’il avait conscience de la position des étincelles. Un peu comme quand ça nous gratte, on sait sans avoir à réfléchir où gratter… Du coup, plus il s’approchait de l’essaim, plus il se faisait véhément dans ses tentatives de faire faux-bond au groupe. Pourtant, il avait beau essayer, et essayer encore, saisir la moindre opportunité de filer à la Tjukurpane, le succès n’était pas au rendez-vous.

Et à chaque pas, sa conscience de l’essaim s’affinait.

La foule était maintenant sur les traces du phénomène étrange. Ce n’était pas difficile de voir par où il était passé : chaque buisson avait été resculpté, et arborait maintenant des structures fantaisistes, l’écorce des arbres était couverte de spirales, arabesques et symboles. En y regardant de plus près, on pouvait même voir que les nervures des feuilles avaient été modifiées. Même s’il trouvait ça particulièrement flippant, le Tjukurpan devait admettre que de son point de vue, c’était beaucoup plus joli ainsi.

L’ensemble dégageait une ambiance de forêt enchantée, mystérieuse avec ses symboles formés par l’écorce des troncs, la lumière spectrale des lucioles au loin qui traversent la nuit, les oiseaux ont fui, ce qui fait planer un silence dans la forêt (enfin, presque : les hommes éméchés criaient régulièrement pour se donner du courage, et faisaient un beau raffut, mais aucun bruit ne venait de la forêt)

Au fil de la marche, ils rattrapèrent les lucioles, et le groupe s’arrêta alors que les retardataires du groupes étaient à moins d’une dizaine de mètres, occupées avec la souche d’un arbre tombé, lorsqu’elle le remodelaient, elles émettaient un bourdonnement aigu. Orakju fit une proposition très sensée :

- Et si on faisait demi-tour et qu’on rentrait ?


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